Hier soir, en cherchant sur mon mp3 je tombe par hasard sur la "liste sans titre 3" (notez la pertinence).

"Et alors?" me demanderez vous tout à fait justement.
Alors, cette playliste, c'est celle que je m'étais faite avant de partir pour Buenos Aires et que j'ai au fur et à mesure agrémentée de mes découvertes et de mes envies.

"Mais encore?" insisterez vous....
Et bien ces chansons m'ont tout bêtement fait repenser à mes trajets en colectivo pour aller à l'Uni. Et oui, avec 6h de trajets par jour (enfin les jours où on avait cours, entendons nous bien, ce qui n'arrivait finalement pas si souvent) il est toujours bon d'avoir un peu de musique sur soi.

"....?!"...

OUI, oui j'y viens. J'ai alors repensé à mon premier trajet dans le colectivo 166, cartel rojo.
Toute une histoire.

A la fac on nous avait dit : "vous êtes inscrites à l'université de Moron, à Buenos Aires"

Cool!

Et puis une fois sur place... bon bon bon...aloooors universidad de moron....ah! oui oui oui... l'université de Moron, dans la PROVINCE de Buenos Aires. Soit. On y va comment??
Il est toujours de bon ton de se poser cette question la veille du premier cours.
Bon j'ai quand même eu la bonne idée d'emporter avec moi une photocopie du rapport de semestre des élèves précédents. Aloooors : facile!! Faut juste prendre le ferrocarril Sarmiento, à Once.
"Harmonie?"
"Ouuiiii?"
"....c'est OU Once?!"
Ah... oui... heu, bon. A votre avis : quartier, rue, station ?

Ca fait 4 jours qu'on est là et Buenos Aires ressemble à peu de chose près à un immense labyrinthe.
Heureusement nous avons eu le temps de faire la connaissance d'un argentin qui justement, et c'est tout de même bien fait, habite à Moron.
Il nous explique donc, tant bien que mal (rappelons que notre espagnol se limitait alors à quelques balbutiements) comment aller à l'université : tu prend le bus 166, cartel rojo, Santa Fe y Juan B Justo
Facile hein? oué carrément...
Bon alors les filles vous avez compris hein? c'est où?
"heu j'ai pas très bien compris en fait..."

booon pas peur on va demander.
Le gentil vigile du magasin du dessous (de nombreux magasins ont leur propre vigile) nous file un petit plan et nous montre où nous devons prendre le fameux bus. "Et on peut y aller à pied?" "ba...ça va vous faire un peu loin là..."
Bon on a moyen le temps de chercher quel bus on doit prendre pour prendre notre bus alors nous voilà dans un taxi en essayant d'expliquer qu'on voulait aller à "cartel rojo"...
Non vous ne rêvez pas... Oui bon on vous dit qu'on était nulles en espagnol!
On finit par arriver au fameux carrefour et à comprendre la signification du "cartel rojo". C'est un peu le principe d'une ligne A et d'une ligne B, sauf que là il y a une ligne rouge et une ligne bleu.

Nous voilà finalement installée dans le fameux 166.
C'est donc le moment où l'on se pose, écouteurs sur les oreilles.
C'était notre première "sortie" hors de ce que j'appellerais les murailles de Buenos Aires. Pourquoi les murailles? Parce que tout est haut, tout est grand. Et au fur et à mesure que le colectivo avance, les bâtiments rapetissent. J'ai longtemps fouillé mes petits cahiers (j'en commence toujours 10 différents pour simplifier les choses) pour retrouver mes impressions écrites de ce fameux jour. Je fut quelque peu désapointée... "grande différence. point à la ligne".
Pourtant je me souviens très bien ce jour là m'être dit "tiens ça, faut que tu t'en souviennes! allez imprime le dans ta mémoire". Je ne sais pas si ça vous arrive, mais moi en général je me souviens plus du fait de m'être dit de me souvenir que du souvenir lui même...vous suivez?
Bref je me souviens quand même avoir éprouvé une sensation bizarre, de voir de minute en minute le décors changer, la  vue se dégager, les grandes résidences côte à côte avec des maisons "rapiécées" avec de la tôle. Une impression étrange de bidonville au milieu d'une certaine richesse étalée.
D'un côté des rue bien propres avec la petite "corbeille" pour sortir les poubelles, de l'autre les rues accidentées, boueuses, les décharges.
Une impression de plus trop savoir on l'on est, de perdre les nouveaux repères qu'on venait à peine d'acquérir.

Une sale impression de première impression...

S4022646

Ce qui me ramène tout simplement à ma première impression de Buenos Aires.
Oui je sais ce post commence à être sacrément long. Fallait pas se plaindre qu'il était inactif.

Mes premières impressions sont toujours très différentes de ce qui deviendra par la suite mon sentiment.

Le premier jour, arrivée de l'aéroport en taxi, il fait froid, il fait gris, nous somme le 4 aout 2006. Une impression de gris justement. Et c'est pas peu dire de la part d'une clermontoise (ndla : la ville est "faite" en pierre de volvic bien noire). Une impression de vide. La ville me semble inhabitée, déserte, triste. Je ne vois personne, aucun magasin, rien, que du gris et des arbres sans feuille. Peut-être parcequ'il était tôt, que les magasins étaient encore fermés, que j'arrivais en plein hiver et que je sortais de l'été.

Sais pas.

En tout cas une impression d'immensité, de labyrinthe, d'inconnu, tout simplement.

Ca me fait penser au film l'auberge espagnole où "Xavier" (alias Romain Duris) décrit son arrivée à Barcelone. Des noms de rues qui ne nous disent rien, des noms de métro inconnus, qui sonnent bizarre "scalabrini ortiz"... Et pourtant on sait que bientôt tout ça nous sera familier, qu'on aura pris ces rues, ces métros 100 fois, que la ville nous appartiendra un peu, qu'on fera parti de ces murs, de ces pavés etc.

Et pourtant, ce jour là, ce premier jour... on a comme une sale impression de...première impression.



Juan B Justo y Santa Fe
envoyé par lilmonie

le fameux carrefour où nous prenions le 166 (cartel rojo o azul, selon l'humeur)... et dire que le premier jour, je trouvais la ville DESERTE!

En fouinant dans mes cahiers je suis tombée sur pleins de "posts" que je n'ai finalement jamais publié. Et oui, j'ai la facheuse manie de toujours passer par le stylo bic et de noter ce qui me passe par la tête...quand ça me passe par la tête. Et j'oublie après de le recopier ici...
Maintenant ils ne veulent plus dire grand chose mais peut-être que je trouverais quelques trucs à vous mettre sous la dent :)


L'Argentine ne tourne-t-elle pas rond?